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Oleksander Kniga

Oleksander Kniga est un metteur en scène et directeur de théâtre de 62 ans résidant à Kherson, ville du Sud de l’Ukraine, sur la mer d’Azov, au Nord de la Crimée. Kherson a été prise par l’armée russe le 2 mars 2022. Oleksander Kniga en dirige le théâtre, l’Académie Régionale de Musique et de Théâtre Dramatique Mykolai Kulish. Il est également Président de l’Eurasia Theater Association et l’un des fondateurs du festival international de théâtre Melpomene de Tavria (International Theatre Festival ‘Melpomene of Tavria’). Engagé dans la politique locale, il est membre du Conseil Régional de Kherson.

Plusieurs articles de presse, dont celui du journal Le Monde, qui a pu le contacter, relatent son enlèvement à son domicile le matin du 23 mars 2022 par des soldats russes qui l’ont relâché dans la soirée. Kniga le raconte avec beaucoup d’humour : à 7 heures du matin, une dizaine de Jeep blindées débarquer chez lui, à Olechky : « toute la cour était encerclée par les militaires ». « Ma famille s’est réveillée. On m’a demandé d’avancer dans la maison. Des hommes armés se tenaient dans mon dos, avec un bouclier pare-balles. Honnêtement, à ce moment-là, la peur m’a quitté, et j’ai commencé à rire ».

Il relate que les Russes ne l’ont pas torturé mais l’ont soumis à plusieurs interrogatoires répétitifs. Ils voulaient comprendre les liens entre le théâtre et les manifestations de protestation contre leur occupation, car des employés du théâtre figurent régulièrement parmi les manifestants. Kniga rapporte le sentiment d’incompréhension des Russes, étonnés de cette hostilité alors qu’ils attendaient à être reçus en libérateurs.

Le théâtre de Kherson est fouillé, l’armée y recherchant, en vain, des armes.

Selon Le Monde, les interrogatoires prennent alors la tournure d’une « longue conversation sur tout », y compris le théâtre. « Ils m’ont demandé si les gens de Kherson y allaient souvent. » Kniga explique alors que son théâtre est apprécié bien au-delà de la ville, et que les comédiens jouent parfois jusqu’à quarante pièces par mois sur cinq scènes différentes. L’un de ses ravisseurs embraye sur ses souvenirs de théâtre à Moscou. « Il m’a dit qu’il était surpris de voir qu’il y avait beaucoup de jeunes parmi les spectateurs. »

Oleksandr Kniga a transmis une photo de lui datant du printemps 2021 à l’occasion d’une représentation, posant devant le théâtre de Marioupol, détruit par des bombardements russes, bien que les habitants aient signalé, par deux larges marques au sol visibles du ciel, la présence d’enfants parmi les centaines de personnes réfugiées en son sein. Le 25 mars on a appris qu’à peu près 300 personnes y sont mortes. On ne sait toujours pas le bilan humain de Mariupol, car la ville estassiégée, les Russes refusant que les civils puissent emprunter des corridors humanitaires pour fuir.

Les récits de ceux qui ont réussi à échapper à cet enfer sont épouvantables et dépassent en violence tout ce que les auteurs de tragédie ont pu dépeindre au théâtre.

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Salon du livre de l’Arsenal
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Crime de guerre contre l’héritage culturel ukrainien
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